Parution de Monomère & Maxiplace de Véronique Pittolo



"Monomère & Maxiplace interroge la famille à travers une grille ludique (jeu de 7 familles, poker, échecs).
Aux schémas issus de la culture populaire (personnages ou héros de contes, de romans), l’auteure associe des réminiscences autobiographiques.
A rebours des analyses sociologiques et psychanalytiques, l’appartenance à une famille renvoie aussi une familiarité avec des archétypes. La dimension affective des souvenirs prend sa source dans des récits ou des images permutables : bonnes ou mauvaises cartes, jetons qui assureront ou pas, la réussite. Cette autobiographie en « jeu de cartes », fait revivre quelques étapes de l’existence entre hasard et décision, choix et libre-arbitre." (Quatrième de couverture)





Extrait :


J’ai recensé toutes les manières de m’inventer une famille :



La Trinité déformée.
La mère à côté d’un figurant. Deux filles.

L’adoption.
Un enfant, un chat, un canari.
Le chat posté jour et nuit à côté de la cage de l’oiseau, je peux élever l’enfant en paix.

Les poètes qui écrivent et lisent les mêmes livres.

Les pauvres, pas moins organisés que les riches. Un peu plus bruyants. Plus à l’étroit. L’aîné dort dans le couloir, la mère au salon avec le plus jeune.

Les homos, les Corses, les tribus du pourtour méditerranéen soudées autour d‘un même figuier.
Les Happy families anglaises.

La mauvaise pioche consiste à demander Avocat, tomber sur Contrebandier, accepter que les bandits engendrent des voyous.








Dans La famille Avocat, mon père était un perroquet, dans La famille Docteur, une cigogne qui m’a fait naître par en haut.

La famille Voleur le montre en chien avec une casquette, ses
filles prêtes à se marier.

Dans La famille Fonctionnaire, il travaille dans une école, au laboratoire, à la mairie.
Ma mère nourrit le perroquet dans une cage, le chat réclame ses croquettes, les enfants sont bruyants.

La fille aînée, celle qui n’a pas eu d’enfants, restera petite fille, une carte jamais retournée, déformant sa poche.








Si je demande le Roi Soleil, quel sera mon privilège ?
Pourquoi pas plutôt Je suggère ... ?
Dans la famille Schrek, la palette des verts, sachant qu’un monstre existe dans chacune de nos cellules.

Dans la famille Métiers, le coiffeur plutôt que le médecin.
Une main qui me touche la tête procure un bien être supérieur à la voix d’un homme affirmant Vous irez mieux demain.

Dans la famille Jungle, Jane plutôt que Tarzan.
La tristesse m’envahit lorsque Bébé Chita devint l’orphelin le plus solitaire de la forêt.

Dans la famille Boucle d’or, tout ce qui suggère la blondeur, l’enfant faire valoir de l’adulte, une fille unique qui aurait aimé avoir des frères.

Chez les Babar, la vieille dame, ma prof de piano.

Dans la famille Renard, le renardeau s’est perdu. Avec mon odorat, je l’aide à retrouver sa mère.








La saga Amérique déploie ses figures :


1- Homer Simpson.

J’aurais préféré le cow-boy entouré d’ombre qui arrive à l’improviste … Je tombe sur un petit agent de sécurité employé à la centrale nucléaire de Springfield, alcoolique, en surpoids, maladroit, paresseux, mais dévoué à sa famille. Je m’y attache.
Dans Naître ou ne pas naître, il donne son sperme à une banque de sperme. Dans l’épisode suivant, des minis-Homer surgissent partout : blancs, noirs, filles, garçons, septuplés.



2- Le couple Kennedy
.

Dans Paris Match, un homme, une femme, heureux dans une pépinière d’enfants (petites robes, socquettes blanches). On a fait croire que le Président ressemblait à Steve Mc Queen, mais on ignore le nombre de femmes séduites par l’un et l’autre. Les Présidents ont des facilités pour obtenir des maîtresse, pas moins sexy que leurs épouses, Jackie, première mince officielle avant Carla, plus attirante que Danielle Miterrand.



Véronique Pittolo, Monomère & Maxiplace, éditions de l’attente.
Parution novembre 2017
978-2-36242-068-9


Dans le cahier de création de la revue, novembre 2017, un inédit de Véronique Pittolo à découvrir.
D’autres textes de Véronique Pittolo sur Remue.net.

25 novembre 2017