Hawad | Furigraphie

Depuis sept lunes
les mortiers sont creux et fentes
où dansent l’araignée et le rat
Le taureau meugle
au fond du puits
Je ne peux plus avancer d’un pas
il y a trop de drapeaux et de barbelés
sur le dos maigre du Sahel
L’ânesse de la vieille matrone
est pétrifiée sur les cendres du passé
Des silhouettes au teint de nuit
s’agrippent aux jupons de l’agonie
Le sirocco ramène encore les souffles lointains du volcan
et des rapaces à l’œil sec
cernes de la famine

Hawad dans furigraphie, éditions Gallimard
Traduit du touareg (tamajaght) par l’auteur et Hélène Claudot-Hawad
©photofabienneswiatly