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Fabien Arca | SEGPA

Aujourd’hui, vendredi 20 janvier 2017, j’anime un atelier d’écriture dans la classe de 6ème SEGPA.

– Quézako ?
– SEGPA. C’est un acronyme. Une spécialité française.
– Ça veut dire… ?
– Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté.
– Ah ok !
– Pigé ?

Les élèves de 6ème SEGPA, sont des élèves en difficulté.
Difficultés scolaires.
Difficultés familiales.
Difficultés d’apprentissage.
Difficultés en tout genre…
Pas forcément des élèves « difficiles », mais des élèves qui ont du mal à suivre le cursus classique... Donc orientés.

Mais question « créativité » (puisque c’est l’objet de ma venue), je ne vois pas de différence entre ces élèves, et ceux d’une classe dite « classique ».
Non.

La même écoute.
Le même plaisir.
La même peur de ne pas savoir quoi écrire.
La même faculté de se concentrer. Ou pas.
Les mêmes questions.
Les mêmes silences.
Le même besoin de me faire répéter les choses…

Alors, bien sûr, parfois ça coince.
Comme partout.
Surtout au niveau de l’orthographe.
Cela dit, c’est normal.
L’orthographe, ça complexe !
Et puis j’avoue, moi aussi j’étais nul en orthographe !
Au collège, j’ai même réussi à avoir des notes en dessous de zéro.
–5/20.
Un vrai nul !
J’étais pas en SEGPA et pourtant j’étais pire qu’un zéro…

Pour rassurer les élèves je dis toujours : « Franchement, c’est pas grave si vous faîtes des fautes ! Parce que premièrement, je ne suis pas là pour vous noter. Et puis deuxièmement, les fautes d’orthographe on peut toujours les corriger. »

Pour moi, ce qui est important, c’est que les élèves cherchent à écrire ce qu’ils ont dans le cœur.
Pas besoin de faire de belles phrases. Par contre, il faut chercher sa musique intérieure. L’écriture c’est comme un voyage. Un chemin que l’on prend.

En ce sens, chaque atelier reste unique.
Et celui-là ne déroge pas à la règle.

Aujourd’hui, les élèves me touchent et je suis ému, par ces histoires, ces petits riens qui me sont offerts :

S. et le mystère des chiffres magiques  : S agrémente chacun des mots choisis d’un chiffre et quand je lui demande à quoi correspond ce chiffre, il me dit que c’est un secret. Je ne percerai jamais le secret, et ce n’est pas plus mal.

A. et la carte postale pour sa mère : Après avoir terminé l’écriture de sa carte postale, A me demande si c’est possible qu’il la garde. Il voudrait l’envoyer à sa mère qu’il ne voit pas presque jamais…

S. fait la lecture à haute voix de son texte parce que je suis dans l’impossibilité de relire les mots qu’elle a écrits. Sa lecture est à l’image de son écriture. Fragile. Lente. Elle tremble à voix haute.

L. ne dit jamais rien, mais je découvre son texte avec beaucoup de plaisir :

« …Il était une fois une petite librairie où un livreur ivre donnait des livres rigolos sous forme de livret magique. Il suffisait que j’arrête de lire les pages du livret magique pour que j’imagine ensuite les feuilles qui vibrent… »

(…)

Fabien Arca - 6 février 2017
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